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LA LETTRE DE M. BURKAY:

‘N’OUBLIEZ PAS LES KURDES !’

Le secrétaire général du Parti Socialiste de Kurdistan M. Kemal Burkay a adressé une lettre aux Ministres des Affaires Etrangères des pays de l’Union Européenne ainsi qu’aux membres de la Commission Européenne. Dans sa lettre reproduite ci-dessous, M. Burkay exprime ses opinions sur le Rapport de Progrès daté du 8 novembre 2000 de la Commission Européenne concernant les propositions de décision du Conseil sur l’accession au partenariat pour la Turquie ainsi que les revendications du peuple kurde.

le18 Novembre 2000

Monsieur….

La Commission de l’Union européenne a publié le 8 novembre 2000 le « Rapport de progrès 2000, proposition de décision du Conseil sur l’accession au partenariat pour la Turquie ». Ce rapport prévoit une série de réformes économiques et politiques que la Turquie devra réaliser pour remplir les conditions de l’adhésion à l’Union européenne.

En tant que Parti Socialiste du Kurdistan, nous pensons que ces propositions constituent une chance pour le renouveau de la Turquie. Nous les soutenons et demandons que les réformes préconisées par la Commission en particulier celles concernant les droits de l’Homme et la démocratie soient mises en œuvre rapidement sans être déformées. La Turquie ne devrait pas une fois de plus tromper l’opinion publique nationale et internationale.

Par ailleurs, ce document ne traite pas à sa juste valeur le plus grand problème de la Turquie, à savoir la question kurde. Il évite même de nommer la question. Or, les institutions de l’Union européenne notamment le Parlement européen avaient posé dans leurs résolutions antérieures comme condition à l’adhésion de la Turquie une solution à la question kurde.

Si la présente attitude timide de l’Union européenne a pour but d’apaiser les milieux chauvins en Turquie très hostiles à toute discussion sur la question kurde, nous ne pensons pas qu’elle puisse servir le processus de démocratisation de la Turquie. Car, la question kurde est la principale cause de l’actuel système de répression sévère et de la structure antidémocratique. La Turquie ne pourra pas faire de progrès notables dans le domaine des droits de l’Homme et de la démocratie et réaliser les réformes qu’on attend d’elle tant qu’elle n’aurait pas reconnu la réalité kurde et pris les mesures nécessaires pour trouver une solution pacifique et juste à ce problème.

Certes, le document en question contient des propositions qui concernent de près les Kurdes comme la liberté pour tout citoyen d’avoir des émissions dans sa langue maternelle à la radio et à la télévision et le droit de recevoir à court terme un enseignement dans sa langue maternelle. Toutefois, même ces revendications qui ne sont pas expressément nommées comme « des droits des minorités » dans le document sont interprétées par la partie turque comme des droits individuels. Autrement dit, même dans ce domaine, l’Etat turc n’au aucune intention de prendre un quelconque engagement. En ce qui concerne les activités des Kurdes pour sauvegarder leur culture, il est plus que douteux qu’elles soient autorisées par les autorités.

Or, ni les droits individuels ni même un statut de minorité ne peuvent résoudre la question kurde. Il s’agit en effet d’une question qui concerne une grande nation de 40 millions d’âmes et dont la patrie est divisée. Depuis des années, le peuple kurde mène une lutte héroïque pour sa liberté en Turquie, en Irak, en Iran et en Syrie. Peu de nations ont autant souffert que nous de la répression.

Presque la moitié de la nation kurde (environ 20 millions) vit aujourd’hui dans la partie Nord de notre pays le Kurdistan sous domination turque.

Peut-on instaurer la paix et la démocratie et développer les droits de l’Homme en Turquie sans trouver préalablement une solution à un problème d’une telle ampleur ? Sans une solution à la question kurde, la Turquie pourra-t-elle consacrer ses ressources pour le développement du pays ? L’Union européenne pourra-t-elle prendre en son sein la Turquie confrontée à la question kurde ?

Chacun et en premier lieu la Turquie a un grand intérêt à aborder la question kurde avec toutes ses dimensions et en toute franchise. Une solution à la question kurde est une nécessité impérieuse et pour les peuples kurde et turc et pour le Proche-Orient et l’Union européenne. Cette solution ne peut être qu’une solution juste basée sur l’égalité.

Le Parti Socialiste du Kurdistan défend depuis des années une telle solution juste et moderne. Nous pensons que les deux peuples peuvent vivre ensemble dans un pays avec un système fédéral.

Monsieur…

Le peuple kurde est profondément affligé par le fait que le document de l’Union européenne ne traite pas la question kurde avec ses véritables dimensions et ne la nomme même pas.

Ne serait-ce que lors des prochaines étapes et en particulier lors du sommet de Nice qui arrêteront le contenu final de ce document, cette injustice doit être réparée. Les revendications élémentaires des Kurdes doivent figurer dans ce document.

Des moyens pour un retour rapide dans leur pays doivent être réunis pour les millions de Kurdes déportés par la force. Les préjudices qu’ils ont subis doivent être réparés.

Les Kurdes doivent pouvoir émettre des émissions en kurde à la radio et à la télévision. En outre, l’Etat doit assurer lui-même ces émissions comme il le fait pour la langue turque. Car, les Kurdes payent également leurs impôts.

L’enseignement obligatoire primaire doit être dispensé en kurde. Des lycées, des universités et des établissements professionnels enseignant en kurde doivent être ouverts.

Le droit de mener des activités dans la légalité doit être reconnu aux partis politiques kurdes.

Par une modification de la constitution, l’identité kurde doit être reconnue et les droits du peuple kurde garantis.

Monsieur….

Nous sollicitons votre soutien pour les 20 millions de Kurdes qui vivent au Kurdistan du Nord et à l’Ouest de la Turquie et qui sont privés de leurs droits nationaux les plus élémentaires y compris du droit d’utiliser leur langue maternelle.

Ne nous oubliez pas !

Je vous prie d’agréer, l’expression de mes respectueuses considérations.

Kemal BURKAY

Secrétaire Général du Parti Socialiste du Kurdistan

PSK Bulten © 2001